Deuxième album solo du guitariste et producteur de Causa Sui, Jonas Munk. Ces trois longs morceaux ne se définissent pas par l'approche guitaristique signature de Munk, mais plutôt par une vision musicale mêlant synthétiseurs vintage, orgues, piano et électronique analogique, élégamment entrelacés pour créer de vastes formations sonores pures. La simplicité harmonique et le dévouement sans faille à l'équilibre et à la texture sonores constituent une première dans l'œuvre de Munk. Il s'agit d'une musique à motifs, caractérisée par des constructions lentes et des transformations subtiles mais raffinées, où des glissements tectoniques progressifs et de subtils mouvements harmoniques génèrent des émotions vives. Loin d'imposer une intention ou un sens direct, cet album crée un environnement mental propice à l'épanouissement et à l'ouverture de l'auditeur.
Absorb, qui occupe toute la face A, est un morceau d'un équilibre méticuleux, structuré selon des techniques rappelant les minimalistes classiques : des motifs de synthétiseur analogique aux douces lueurs en perpétuel mouvement, créant un nouveau contenu harmonique à chaque mesure. Progressivement, des effets modulaires aléatoires sont introduits, ainsi que des couches de bruit blanc et des drones de guitare désaccordés et fortement saturés par les lampes, baignant lentement le morceau d'un fuzz chaleureusement filtré.
La face B s'ouvre sur deux lignes d'orgue identiques jouées l'une contre l'autre. Après quelques minutes, les orgues s'enchaînent dans un flux fluide, pour atteindre un sommet pastoral quelques minutes plus tard, où le piano et diverses couches électroniques s'immiscent dans le paysage sonore, rappelant le spiritualisme béat d'Alice Coltrane ou de Popol Vuh.
Le dernier morceau de l'album, Cascade, s'ouvre paisiblement mais passe assez vite à une psychédélie multi-texturale auto-oscillante - liée dans l'esprit au précédent album solo de Munk, Pan, sorti en 2012. Progressivement, les couches sonores entrelacées s'élèvent jusqu'à d'énormes vagues de saturation sonore, où chaque drone s'harmonise avec des couches d'impulsions déformées.
Une musique comme celle-ci est perçue comme incroyablement simple et fluide, mais, comme c'est le cas du monde biologique, elle révèle des détails de texture et une complexité entrelacée une fois étudiée de près. Chaque détail sert une vision d'ensemble. C'est une musique vibrante de possibilités.
Presser : Réprimer. |
Sortie originale : 2015. |
Genre : Rock. |
Sous-genre : Instrumental / Electronique / Kraut. |
Numéro de catalogue : EPR024LP. |
Taille : Disque simple 12". |